Gaël Cristofari (IRCAN), lauréat du Prix Michel Delalande 2025 de l’Académie nationale de Pharmacie
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Publié le 4 février 2026–Mis à jour le 4 février 2026
Date(s)
le 4 février 2026
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L’Académie nationale de Pharmacie a attribué le Prix Michel Delalande 2025 à Gaël Cristofari, directeur de recherche Inserm à l’IRCAN, dans la catégorie des prix scientifiques. Cette distinction prestigieuse récompense des travaux de recherche fondamentaux ouvrant des perspectives majeures en pharmacologie et en thérapeutique, notamment dans le champ du cancer.
Décerné dans le cadre des Prix scientifiques de l’Académie nationale de Pharmacie, le Prix Michel Delalande est financé par le legs Michel Delalande, avec le soutien d’Opella Healthcare France. En 2025, l’Académie a examiné 48 dossiers pour l’attribution de 12 prix scientifiques, illustrant la vitalité et l’excellence de la recherche en sciences pharmaceutiques et biologiques.
Explorer la « face cachée du génome » pour mieux traiter les cancers
Les travaux de Gaël Cristofari et de son équipe portent sur la « face cachée du génome », constituée de séquences répétées d’ADN longtemps considérées comme non fonctionnelles, mais qui représentent pourtant la majorité de nos chromosomes. À l’IRCAN (Université Côte d’Azur, Inserm, CNRS), l’équipe s’intéresse plus particulièrement aux rétrotransposons, des « gènes sauteurs » dont la réactivation dans les cellules cancéreuses génère une instabilité génétique, tout en constituant une vulnérabilité thérapeutique potentielle.
Les recherches récemment menées ont permis de mieux comprendre comment certains médicaments épigénétiques, tels que la décitabine, agissent sur ces éléments du génome. Elles mettent également en lumière un lien inédit entre signalisation hormonale et activité des rétrotransposons, avec des conséquences possibles sur l’immunité antitumorale. Ces résultats ouvrent des pistes concrètes pour optimiser les thérapies épigénétiques, notamment par des combinaisons thérapeutiques ciblées et une meilleure sélection des patients.
« Le Prix Michel Delalande 2025 représente une reconnaissance immense du travail de toute mon équipe, arrivée à Nice avec la création de l’IRCAN en 2012. C’est l’aboutissement d’un travail de longue haleine, qui a nécessité de développer des outils entièrement nouveaux pour observer et comprendre ces régions méconnues du génome. Ce prix salue le lien intime entre recherche fondamentale et applications médicales et pharmacologiques, et montre comment l’étude de la “face cachée du génome” peut éclairer de nouvelles stratégies thérapeutiques », souligne Gaël Cristofari.