Que se passe-t-il lorsque nos réflexes du quotidien, souvent inconscients, se heurtent à la nécessité de changer ? Nathalie Lazaric, directrice de recherche au CNRS et membre du GREDEG (Université Côte d’Azur), étudie cette question depuis de nombreuses années.
Comprendre le poids des habitudes
Une interrogation en apparence simple structure ses recherches : dans quelle mesure les habitudes et les routines, individuelles comme collectives, favorisent-elles ou freinent-elles l’apparition de nouveautés ? Elle examine leur rôle dans l’innovation, l’entrepreneuriat et la transition écologique.
Les routines rassurent, organisent le travail et permettent aux structures de fonctionner. Elles peuvent aussi enfermer les acteurs dans des manières de faire réfractaires au changement. Saisir cette double nature est indispensable pour comprendre pourquoi certains projets innovants et certaines démarches environnementales aboutissent, et d’autres non. Parmi les mots-clés qui résument ses travaux figurent les verrous organisationnels et les habitudes individuelles.
Faire bouger les lignes
Son second axe de recherche concerne le changement lui-même : comment des personnes, des équipes ou des institutions parviennent-elles à remettre en cause des schémas de pensée et d’action profondément ancrés ? En étudiant ces mécanismes, l’économiste éclaire les conditions qui permettent aux acteurs de s’adapter et de relever les défis actuels.
Ses terrains d’application sont variés : transition écologique, recyclage des déchets, consommation d’énergie, nouveaux plastiques, transition agricole. Elle participe à plusieurs projets nationaux et européens portant sur la consommation d’énergie, le changement de comportement et le recyclage.