Des résines époxy végétales, recyclables et autoréparables grâce à un composé naturel
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Publié le 13 février 2026–Mis à jour le 13 février 2026
Date(s)
le 16 février 2026
ICN
Dans une étude publiée dans la revue ACS Sustainable Chemistry and Engineering en février 2026, Alice Mija, Sandra Olivero et Véronique Michelet de l’Institut de Chimie de Nice, ont mis au point de nouveaux polymères époxy entièrement biosourcés à partir de la carvone, un composé naturel issu des plantes et présent notamment dans certaines huiles essentielles.
A part ces études sur la valorisation de la carvone, le groupe d'Alice Mija à l’Institut de Chimie de Nice (Université Côte d’Azur, CNRS) étudie et développe depuis de nombreuses années des résines époxy biosourcées à hautes performances et recyclables.
Les résines époxy classiques sont omniprésentes dans notre quotidien, notamment dans les matériaux composites, les adhésifs ou les revêtements. Majoritairement issues de ressources pétrolières, elles présentent toutefois des limites majeures : toxicité potentielle, impossibilité de recyclage et impact environnemental élevé.
À partir de dérivés de la carvone, les scientifiques ont synthétisé plusieurs résines époxy biosourcées, puis les ont transformées afin d’obtenir quatre matériaux distincts, tous intégralement issus de ressources renouvelables. Des essais mécaniques approfondis ont permis d’identifier un matériau particulièrement performant : celui contenant des groupes hydroxyles, fonctions chimiques spécifiques, confère à la résine une excellente combinaison de rigidité, de résistance et de durabilité. Les matériaux innovants ainsi obtenus allient hautes performances mécaniques, recyclabilité et capacité d’auto-cicatrisation, ouvrant de nouvelles perspectives pour des matériaux plus durables.
Fait notable, ce matériau présente également une propriété de biomimétisme : il est capable d’auto-cicatriser ses fissures, sans ajout de substances externes. Une caractéristique rare qui pourrait considérablement prolonger la durée de vie des matériaux et réduire leur impact environnemental.
Ces travaux démontrent le potentiel de la carvone et, plus largement, des terpènes d’origine végétale pour concevoir des résines époxy renouvelables, recyclables et autoréparables. Ils ouvrent ainsi la voie à des alternatives crédibles et durables aux polymères conventionnels, avec des applications possibles dans de nombreux secteurs industriels.